Vivre sans smartphone en 2019, et si on essayait ?

Publié dans Bien dans ma tête par JouvenceEcrire un commentaire

Il y a deux semaines, j’ai perdu mon téléphone. Et depuis, j’ai décidé de ne pas en racheter. Aujourd’hui, en 2019, j’ai vu cela comme une véritable expérience d’adaptation, de découverte et de déconnexion. Étudiante en communication, mon smartphone était au cœur de mes journées, de mes recherches, de mes travaux de groupe. 93% de la population a un téléphone  et parmi eux, près de 8 personnes sur 10 possèdent un smartphone. Alors, vivre sans smartphone, voire carrément sans téléphone portable est-il réellement devenu mission impossible ? Que perd-on ? Que gagne-t-on… ? Voici donc un petit article, bien plus personnel que les autres, sur mon expérience et ma réflexion la concernant.

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Le smartphone, ce Couteau-Suisse

Si vous êtes de la génération Y, comme moi, votre smartphone vous sert surtout à envoyer des messages. Du moins, c’est ce sur quoi nous passons le plus de temps lorsque nous utilisons notre téléphone. Pourtant, à la perte de mon téléphone, ce sont d’autres problèmes, d’autres « manques » qui ont fait surface : Comment vais-je me réveiller demain ? Comment vais-je accéder à mon planning durant la journée ? Comment vais-je prendre des photos ? Ecouter de la musique ? Consulter l’heure ??…

Le smartphone contient des dizaines d’applications qui rythment nos journées et notre façon de communiquer ou de nous informer. Sans nous en rendre compte, ce sont tout autant d’objets que nous ne possédons ou n’utilisons plus. Avec un côté positif : la réduction de nos achats et de nos déchets, mais aussi un négatif : la dépendance à cet outil ultra-connecté, dénué d’authenticité.

Habitant en colocation et ne souhaitant pas acheter de réveil pour le moment, c’est avec douceur que mes colocataires viennent toquer à ma porte le matin avant que j’aille en cours (pas désagréable !). J’ai également retrouvé l’utilisation de l’agenda papier pour retranscrire mon planning. Pour les photos ? C’est plus compliqué. Vous avez la possibilité de récupérer un petit appareil photos numérique. Le mieux est malgré tout de se rendre compte que notre société est actuellement bien trop « visuelle ». Qu’est-ce que vous perdrez à décrire votre super gâteau au chocolat à votre meilleure amie au lieu de lui envoyer un cliché (parfaitement instagramable, ça va de soi) ? Quand à la musique, un bon vieux MP3 fera l’affaire. Les téléphones classiques (sans internet) permettent aussi de stocker quelques musiques et de brancher des écouteurs. On court aussi faire changer la pile de sa montre qui dont les aiguilles se sont arrêtées de tourner en 2014.

Mais n’oublions pas ce que nous avons aujourd’hui tendance à faire passer au dernier plan : un téléphone sert d’abord à appeler. Et c’est bien ce qui me manque le plus. N’importe quel téléphone peut convenir : un fixe, un vieux Nokia, le téléphone d’un ami… Mais aucun autre objet ne pourra vous permettre d’appeler (hormis votre ordinateur si vous passez par internet). Il fallait tout ça pour se rappeler de la fonction de cet objet que nous transportons partout avec nous depuis 10 ans !

Compenser, pour le meilleur et pour le pire

Ne plus avoir de smartphone crée très clairement un vide pour une personne (notamment quelqu’un de mon âge) qui, même sans y être accro, s’en sert au quotidien. Alors, forcément, il faut compenser : pour combler le vide psychologique, mais aussi et surtout pour pouvoir communiquer avec notre entourage malgré tout. Si certains s’imaginent que se détacher de son téléphone, c’est se libérer et redécouvrir la nature, vous devez confondre avec une excursion Safari tous frais payés. Car personnellement, je me suis plutôt retrouvée à passer beaucoup plus de temps sur mon ordinateur. Nous avons effectivement pris l’habitude de discuter avec tout le monde tout le temps. Mais cette habitude ne peut être réaliste que lorsque vous avez un téléphone. Rester planter à son bureau devant l’écran de son ordinateur la même quantité de temps que ce que l’on a l’habitude de passer sur notre smartphone n’est clairement pas libérateur ni « déconnecteur », bien au contraire. Ne plus avoir de smartphone, ça signifie aussi alors qu’il faut réorganiser et redéfinir sa façon de communiquer. Par exemple : privilégier les appels (si l’on possède tout de même un téléphone) ou se restreindre à quelques mails ou messages plus longs racontant toute notre journée à notre amoureux qui se trouve au bout du monde, au lieu de saturer les réseaux Messenger durant 4h !

Ce que je veux dire par là, c’est qu’il n’est pas sain de compenser une technologie par une autre, surtout lorsqu’elle est moins adaptée. Se passer d’un outil actuellement au cœur de la société vous demandera forcément de vous adapter à une nouvelle façon de vivre et de vous organiser, de renoncer à certaines choses ou de les faire différemment. Cette remarque s’applique à la communication mais également à tout ce que votre smartphone nous permet aujourd’hui de faire : les applications pour noter les séries que nous venons de visionner, celle qui nous rappelle quand vont tomber nos règles, Google Maps… Ce n’est qu’avec un peu d’expérience que l’on peut réellement se couper de ces nouvelles technologies omniprésentes. Alors, une petite discussion avec nos parents s’impose, pour s’inspirer de leur mode de vie « d’antan ».

Déconnecter, enfin !

Après avoir fait face à tous ces petits problèmes d’adaptation, oui ! ne plus avoir de téléphone peut s’avérer très libérateur. Pour nos yeux, nos cervicales, notre cerveau en fusion en permanence… L’étudiante que je suis peut plus facilement décider des moments où elle souhaite recevoir des messages concernant le dernier dossier à avancer, ou répondre à ce sondage, ou encore voir cette vidéo-qu’il-faut-absolument-voir. Puis, ne plus parler à 5 personnes tout au long de la journée est très reposant, je dois l’avouer.

Mais déconnecter signifie aussi se « reconnecter » à des objets plus authentiques, plus tangibles : une carte au lieu de Google Maps, un carnet de notes au lieu de Google keep (oui Google en prend un coup, avec cette histoire)… En parlant de déconnexion, devinez de qui vous vous éloignez aussi, en supprimant le smartphone de votre vie ? Du marketing digital qui vous géolocalise en permanence et trace le moindre de vos mouvements. Se détacher de son smartphone, c’est faire un pas de plus vers la liberté de (ne pas) consommer.

Je ne clôturerai pas cet article sans parler d’organisation : vous vous en doutez, ne plus avoir cet outil qui nous donne accès à tout, tout le temps, demande de prévoir nos actions et nos déplacements. Repérer son trajet avant de quitter la maison, avoir un carnet un stylo sur soi pour toujours pouvoir noter les choses importantes, imprimer certains documents à l’avance (comme les billets de train)… Mais pas de panique, ça s’apprend, ou plutôt, ça se réapprend. Et c’est plutôt enrichissant !

En fait, je résumerais ce changement par son impact sur notre liberté. Ne plus avoir accès à tout, tout le temps nous permet de choisir que nous ne regarderons nos mails que ce soir, sur notre ordinateur. Que la vérification de nos comptes pourra attendre ce week-end. Que nous ne relierons ce dossier qu’une fois arrivés au bureau. On l’oublie, mais nous sommes bien trop confrontés à cette rupture de barrière entre l’école/le bureau et le privé. Cette invasion de la vie professionnelle dans la vie intime est toujours encouragée par nos smartphone et cette culture de l’accès à « tout, tout de suite ». Ralentissez le rythme, reprenez le contrôle de vos journées et dites à votre smartphone que ce n’est pas lui, c’est vous, qui vous avez besoin de faire un break.

Je vous invite à aller voir ces quelques chiffres intéressants sur l’utilisation de notre téléphone.

Elodie Gindrier

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Vous téléphonez en traversant la rue ou en conduisant, vous vous orientez grâce à Google Maps, vous vous endormez sur Netflix ou YouTube, et vous vous réveillez avec un smartphone dans la main…

Stop ! Vous saturez du tout-numérique ? Apprenez à vous en passer ! Pas totalement, bien sûr, les nouvelles technologies sont de précieuses aides, mais soyez sûr(e) de garder tout de même le contrôle.

Qui peut prétendre ne jamais s’être laissé submerger au moins une fois ? Comment se protéger ? Le but n’est pas d’éradiquer le numérique de nos vies mais d’en tirer le meilleur sans qu’il prenne le meilleur de nous mêmes… Ce guide pratique et ludique vous invite à remplacer de mauvaises habitudes contre-productives par des rituels utiles dans tous les domaines de votre vie. Lancez-vous dans ces 16 challenges, c'est parti !

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