Confinement : une parenthèse pour grandir

Publié dans Bien dans ma tête par JouvenceEcrire un commentaire

Depuis maintenant plusieurs semaines, nous avons l’impression de vivre un moment hors du temps, suspendu, comme mis entre parenthèses. Bien que les nouvelles puissent être parfois dramatiques ou tout du moins difficiles, le confinement est aussi l’occasion d’opérer un réel recentrage. Où est l’essentiel ? Quelles sont nos priorités ? Comment tirer parti au maximum de cette parenthèse imposée ? Dans un précédent article, nous vous donnions des conseils pour redonner du sens à votre vie. Et si le confinement nous permettait justement de (re)mettre les pendules à l’heure ?

Ne pas nier les difficultés

Tout d’abord, mon intention n’est pas ici d’essayer de faire voir la vie en rose à tout prix. Je ne nie certainement pas les drames tels que la perte d’êtres chers ; les problèmes familiaux engendrés par le confinement, quels qu’ils soient ; les difficultés liées aux pertes économiques, faillites, chômages ou autres licenciements ; l’angoisse d’être dans un EPHAD ou de travailler dans les soins à la personne ; etc. Et, au-delà de ça, ne serait-ce que la « simple » souffrance psychologique due au fait de devoir vivre confiné.e seul.e dans un 12 m2. Non, loin de moi l’idée de minimiser tout cela.

Mais ce que je veux dire, c’est qu’en-dehors des situations particulièrement difficiles, il est peut-être possible de voir le confinement comme un cadeau, une expérience pour nous faire grandir. Certes, nous préférerions être ici ou là, faire ceci ou cela, voir tel être aimé… Je ne dis pas que c’est idéal ! Mais au fond, avez-vous connu beaucoup de situations joyeuses qui vous ont fait réellement grandir ? La joie, la fierté arrivent plutôt après une épreuve, n’est-ce pas ?

Confinement : un recentrage sur soi

Avez-vous remarqué comment l’obligation de rester chez soi nous a permis de nous poser ? Dans une société où tout va à mille à l’heure, où la consommation, la comparaison et le « toujours plus » sont les mots d’ordre, il nous est alors possible de trouver un rythme, notre rythme. Certes, le début a probablement été un peu chaotique car nous n’en avons pas l’habitude. Ne pas pouvoir bouger ou entretenir ses activités sociales est perturbant et très frustrant, voire angoissant. Mais petit à petit, alors qu’une grande partie du monde s’enfonce dans un sommeil artificiel, arrive alors une sensation que l’on ne rencontre que trop peu d’ordinaire, celle d’avoir du temps. Et dans ce nouveau contexte, la question de comment utiliser ce temps de vie peut apporter de précieuses réponses car c’est le véritable soi qui va alors s’exprimer.

Se désencombrer du superficiel

D’un point de vue pratico-pratique, le confort est le premier à pointer son nez dans cette nouvelle vie : les vêtements deviennent plus confortables (sans être forcément moins esthétiques, et quand bien même, ce n’est vraiment pas un problème), les talons hauts et chaussures serrées cèdent leur place aux pantoufles cosy. Le corps reprend ses droits, libéré des soutien-gorge et autres vêtements de torture, ou le temps d’une cure de sébum (l’occasion est trop belle !).

Toujours sur un plan matériel, notre intérieur se refait une beauté : on prend enfin le temps de faire briller chaque recoin de notre petit nid, on fait le tri dans tous nos placards. Objectif : faire de notre chez-nous un véritable cocon, on enlève ce qui ne nous convient plus pour laisser la place aux objets qui nous mettent réellement en joie.

Redécouvrir ses valeurs essentielles

Maintenant que le tourbillon de la vie quotidienne s’est arrêté, voyez-vous ce qui compte vraiment pour vous ? Le moment est parfait pour donner encore plus de sens à sa vie.

D’une part, en faisant enfin cette activité ou cette chose que l’on remettait à plus tard depuis bien trop longtemps. Une formation, une passion ? Un projet jamais mis en application par manque de temps ou de courage ? Quelle joie de pouvoir enfin s’y consacrer !

D’autre part, on prend conscience des liens que l’on entretient avec nos proches. Passer du temps en famille, profiter de voir ses enfants grandir, prendre des nouvelles de ses parents, grands-parents, amis, via des appels téléphoniques ou des Skype, nous rappelle combien ces personnes nous sont chères. Pour certains d’entre nous, c’est même l’occasion de faire réellement connaissance avec ses voisins et de créer une véritable communauté d’entraide et de soutien autour de soi, qui nous fait tellement défaut dans notre société de plus en plus individualiste !

Poser les bases d’une nouvelle société

Cette crise sanitaire a l’énorme avantage de nous faire prendre conscience de notre mortalité. De notre temps  de vie qui file à toute allure, du fait que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Et elle nous pousse à nous recentrer alors sur l’essentiel, notre essentiel. Ce peut être la réalisation de rêves inavoués, ressentir le fait d’être aimé.e, donner encore plus d’amour que d’habitude, jouir de ce que l’on possède. Et puis, je l’espère, poser les bases d’une société nouvelle, plus solidaire et plus responsable. D’ailleurs, onze ministres européens de l’Environnement appellent à une « relance verte » qui privilégierait des solutions à long termes. Car c’est la beauté de ce qui ressort dans ce moment de crise : un élan de solidarité, d’humanité, de respect de la vie. Puissions-nous le cultiver !

Bonus pour mettre K.O. l’angoisse

L’incertitude de la situation ou les mauvaises nouvelles peuvent être sources de beaucoup d’angoisses. Pour ne pas les laisser nous dominer, voici quelques paroles de sagesse et un outil super efficace.

Extrait de Lâcher-prise de Rosette Poletti :

« Lâcher prise, c’est savoir abandonner ce qui n’a plus lieu d’être pour aller vers ce qui vient. Toutes les grandes traditions spirituelles de l’humanité insistent sur la notion d’« impermanence ». Les jours succèdent aux jours, les événements succèdent aux événements et l’histoire s’écrit.

Ce qui était n’est plus, tout change. Inséré dans cette impermanence, chacun de nous, lutte de toutes ses forces pour s’accrocher à ce qui l’entoure. Nous nous accrochons à nos croyances, à nos façons de voir, à nos principes, à ceux que nous aimons, à nos biens, à notre santé, à nos œuvres, à notre sécurité. Investis dans cette quête de contrôle, nous perdons le calme intérieur, nous perdons notre sérénité et mettons toute notre énergie à nourrir l’illusion qu’un jour nous parviendrons à contrôler pleinement notre vie. À cause de cette illusion, nous connaissons l’angoisse, la tension et la frustration. Nos croyances et nos habitudes représentent le premier obstacle le plus fréquent au lâcher-prise.

Lâcher prise, c’est un chemin de vie, c’est une aptitude à développer afin de pouvoir jouir pleinement de son existence. »

Extrait de Vaincre ses peurs, c’est parti !, de Hervé Magnin :

« La peur est une émotion normale, banale et utile. C’est un état émotionnel stressant. Mais […] il faut pouvoir la distinguer de la colère et de la tristesse par exemple. Elle repose souvent sur l’ignorance et le doute. Ainsi, ne pas définir le monde qui nous entoure le rend plus ou moins inquiétant. […] La peur est à la base un mécanisme naturel et adaptatif de défense face à une situation qui menace l’intégrité de l’individu. Elle se manifeste par une sensation désagréable et un comportement d’évitement de la source du danger. Si ce danger est bien souvent réel et objectif, il n’est parfois qu’imaginé, que projeté subjectivement. Il est fréquent que, en intensité émotionnelle, la peur soit proportionnelle à l’ignorance qu’on a du sujet qui fait peur. Alors le traitement de la peur passe aussi par une démarche d’information. Aussi contrariante soit-elle, une peur doit être reconnue, accueillie, acceptée. Son acceptation est totalement indépendante du choix d’agir ou de ne pas agir. L’acceptation de l’émotion dérangeante est la condition qui permet d’éviter la surenchère émotionnelle. Cela permet d’être suffisamment calme pour décider de l’action à mener (ou pas). »

Enfin, je ne peux que vous conseiller de tester la cohérence cardiaque, une technique qui permet de réguler son rythme cardiaque par la régulation de la respiration, calmant ainsi notre système nerveux autonome (notre pilote automatique) et combattant le stress et l’anxiété. Vous pouvez trouver de nombreuses vidéos en ligne ou des applications gratuites pour pratiquer facilement où que vous soyez.

Prenez soin de vous, je vous souhaite de belles découvertes intérieures !

Anaïs

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Lâcher prise

Lâcher prise, savoir abandonner ce qui n'a plus lieu d'être pour aller vers ce qui vient : voilà l'un des aspects essentiels de la vie. Qu'il s'agisse de la codépendance, des émotions négatives, d'un deuil, d'un divorce, de sa carrière, sa spiritualité, etc., le lâcher-prise permet de passer à une nouvelle étape. Ce merveilleux petit livre regroupe quelques approches permettant de comprendre ce qu'est le lâcher-prise, quels sont les obstacles sur son chemin, ainsi que les moyens qui aident à y parvenir. Il propose divers rituel, notamment pour le divorce, situation fréquemment mal vécue.

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