Pourquoi et comment communiquer avec une personne atteinte d’Alzheimer

Publié dans Bien dans ma famille, Bien dans ma tête par JouvenceEcrire un commentaire

Communiquer avec une personne souffrant de maladie neurodégénérative n’est pas une chose facile et pourtant, elle est primordiale. Nous vous donnons quelques conseils pour mieux adapter votre manière de communiquer avec les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Alzheimer, gardez le contact !

Pourquoi est-ce si important de communiquer ?

Un sentiment de frustration, voire souvent de colère fait surface lorsque l’on s’adresse à une personne souffrant d’Alzheimer. La personne ne comprend pas ce que nous tentons de dire, elle réagit de façon anormale, elle ne nous écoute même pas… C’est tout simplement parce que la façon de communiquer à adopter n’est plus la même qu’auparavant. La manière dont vous vous adressez à votre interloctueur/trice n’est plus forcément la bonne.

Communiquer avec ces personnes, ce n’est pas seulement leur parler ou échanger quelques phrases, c’est aussi et surtout les écouter. Car, comme le soulève Sylviane Morandi dans Alzheimer, gardez le contact !, ce sont peut être eux qui ont des choses à nous apprendre. En nous partageant leur vision de la vie malgré la maladie, en nous faisant part de leur douleur, ou de leur joie… Pour eux aussi, il est important d’exprimer ses sentiments ! Vous devez savoir accueillir ces paroles. Pour cela, essayez de changer votre regard et assurez-vous qu’il soit bienveillant et non plus désolant.

Par ailleurs, c’est en communiquant que l’on permet de tisser puis de garder un lien social, qui nous permet à tous de développer notre identité et notre place dans l’humanité. Une personne malade peut voir sa confiance en elle, puis son identité sociale dégringoler. Dans une maladie telle qu’Alzheimer où la mémoire est atteinte, il est important de rappeler à cette dernière qu’elle appartient à cette société et qu’elle y a toute sa place.

Comment s’y prendre ?

Alors, quel comportement faut-il adopter pour faciliter les échanges qui sont devenus si complexes à appréhender ?

Il est tout d’abord primordial que la personne se sente en sécurité, dans un endroit qui la rassure. Parfois, changer de pièce peut suffire à désamorcer les difficultés. Ensuite, veillez à ne pas parler trop fort (sauf si la personne est malentendante, mais attention à ne pas paraître agressif !). Amorcez un contact physique bienveillant, en lui touchant la main, par exemple. Et n’oubliez pas d’établir également le contact visuel avec votre interlocuteur/trice. Le langage non verbal, c’est-à-dire vos gestes et votre attitude, sera très important dans la discussion.

Si vous ne parvenez pas à échanger, n’hésitez pas à changer de sujet. Attention toutefois à ne pas le faire de façon trop répétitive, et à prévenir la personne de ce changement. Amenez-la à parler des sujets qu’elle préfère pour faire naître un sentiment de joie et de bien-être au sein de cet échange.

Nous espérons que cette introduction à la communication avec les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer pourra vous aider à garder le contact avec elles. Le tout est d’agir de manière douce, positive, et malgré l’adaptation nécessaire, il ne faut pas en faire trop (articuler de façon exagérée, les prendre pour des enfants…). Simplicité et bienveillance sont les maîtres mots pour une relation épanouie.

 

Elodie Gindrier

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Alzheimer, gardez le contact !

Dans les affections de type Alzheimer et les maladies apparentées, la manière de communiquer de l’adulte âgé change. Familles et soignants ont alors la responsabilité de s’adapter et de l’accompagner le plus sereinement possible.

Pour cela, il est utile de comprendre cette affection et la façon dont ce handicap mémoriel évolue et affecte la relation, afin d’adapter et réadapter sans cesse ses attitudes.

En écoutant l’adulte âgé là où il est, dans sa carte du monde à lui, les proches (familles, soignants, animateurs, bénévoles) ont la capacité d’accueillir ses mots tantôt tronqués, ses images parfois inquiétantes, ses sons quelquefois distordus pour garder la relation vivante et le valoriser dans son devenir.

L’auteur propose, par l’utilisation de supports, d’outils et techniques d’écoute et de communication, de mettre en place un contexte favorable pour leur permettre d’échanger avec plaisir et confiance et, ainsi, d’entretenir les liens.

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